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Posté le: 10 Juil 2011, 21:46
Georges Benson dans l'arène de Vienne... forcément ça cartonne |
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31 années de festival Jazz à Vienne, autant de délicieux moments passés dans l'euphorie et le partage d'accords, d'ambiances musicales bigarrées aussi géniales que fantasques. Le cru 2011, n' échappe nullement à cette magie et c'est tant mieux.
Certes en coulisse, derrière le rideau noir, une mutation importante a vu le jour : Exit le régime associatif d'origine qui cède la place à un EPIC ( établissement public à intérêt commercial ) le tout sous la gouvernance de la communauté d'agglomération du pays viennois. Voilà qui est dit !!!
Coté zic les organisateurs ont sorti la sulfateuse à émotions pour cette troisième soirée, jugez plutôt : Rhoda Scott Lady Quartet en première partie du virevoltant guitariste américain Georges Benson qui revendique fièrement 68 printemps.
Pile poil "in time", sous un magnifique soleil couchant, la plus frenchie des américaines, Rhoda Scott foule de ses pieds nus la scène de l'enceinte romaine accompagnée de son trio de belles sirènes parées pour la circonstance.


On retrouve dès les premiers accords, toute l'empreinte, toute l'âme de l'organiste de Gillespie. Elle colore son jazz dit "classique" d'une délicate sensualité qui a construit sa renommée à travers le globe.
Son "Ladyquartet", de sept ans d'âge , atteste une fois encore de la complicité et de la grande complémentarité qui relient les quatre musiciennes. Chacune d'elles apportant sa pierre à l'édifice musical au féminin : Lisa Cat Berro (saxo alto) son originalité pour un jazz contemporain tout en perpétuant l'héritage d'un Lee Konitz ou d'un Art Pepper ; Julie Saury (Batterie) la puissance et l'efficacité de son jeu ; Sophie Alour (Saxo Ténor) sa fraicheur musicale dans ses solis et son expérience des big band, notamment avec celui de Wynton Marsalis.
Ca balance, ça swingue sur toutes les marches du théâtre, le festival prend vie et demeure sous le charme subtil de cette musique réconfortante et suave à la fois. Rhoda pratique les basses d'un pied de fer dans une chaussette de satin, elle nous subjugue et nous aimons cela.
Épanouie, libre, la voilà heureuse de convier son ami le trompettiste Alex Tassel pour quelques titres enlevés en guise de conclusion dans le partage de fortes sensations. Merci Dame Scott.






Je consulte ma rolex : il est l'heure de changer d'ambiance et de costume. Le moment que j'espérais vivre depuis belle lurette se présente à moi : découvrir, en live, le dandy de la gratte, le père spirituel de Guy Marchand, le dépositaire universel du groove en personne.
Le temps d' une ovation magistrale qui me parait ne jamais finir et Georges Benson nous apparait sidérant d'élégance, remerciant l'accueil qui lui est fait en toute humilité.
Place au chaud bouillant : ses riffs de guitare légendaires submergent l'assistance. Il choisit de jouer les premiers titres en instrumental uniquement, nous démontrant si besoin, que le temps qui déroule son voile d'usure n'a aucun effet sur la précision et la beauté de son jeu. Ses doigts glissent comme par magie, parcourant l'amplitude du manche de sa Gibson au gré des mélodies. Benson possède ce don de rendre à la note musicale l'entière effervescence qu'elle contient. Miles Davis, Wes Montgomery ou Lonnie Smith ont tous été sensibles à cette singularité du jeu de cet étonnant autodidacte. Georges Benson les accompagnera, intégrant le cercle fermé des grands solistes de jazz à l'ère du hard bop.





N'est pas Benson qui veut : ce génial guitariste de jazz dont la renommée planétaire se résume souvent bêtement au tubesque "Gimme the night", peut également éblouir par la voix . Sur scène, le musicien laisse peu à peu place au chanteur soutenu par un line-up aux petits oignons. Rien de superflu dans l'interprétation, on plonge lentement dans une groove attitude, une sensation de bien être. Nous sommes au jazz à vienne, nous voilà subitement conscients d'être là où le bonheur de vivre revêt l'habit blanc d'un Benson lumineux d'inspiration.






Un soir de Juin 2011 à Vienne.
LINE-UP :
Georges Benson : Guitars, Vocals
Michael O'Neil : Guitars
David Garfield : Keyboards
Thom Hall : Synthés, Keyboards
Stanley Banks : Guitars Bass
Oscar Seaton : Drums, percussions
Gilles |
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