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Accueil » Chroniques » ECHO & THE BUNNYMEN : SO BRITISH , SO WHAT ? » ANECDOTES BIOGRAPHIQUES



| ECHO & THE BUNNYMEN : SO BRITISH , SO WHAT ?
ANALYSE MUSICALE , INFLUENCE , ANCIENS MEMBRES »


ANECDOTES BIOGRAPHIQUES

Une belle histoire que celle de ce groupe originaire de Liverpool. 4ème ville d'Angleterre par son importance et en pleine déprime dans ces années 70 suite au déclin de son industrie ( Textile notamment mais également portuaire ). Le contexte et l'ambiance générale de la population de cette entité ouvrière brillent par leurs marasmes. Echo & the Bunnymen prend naissance à cet endroit même en épousant toute la misère sociale et intellectuelle que de tels évènements impriment dans l'inconscient populaire. Nous retrouverons tout au long de leur parcours cette expression lancinante de l'échec collectif à travers certaines de leurs sonorités.





















Ian Mc Culloch le plus précoce des quatre officialise déjà en 1977 dans une formation pré-pubère au nom évocateur de "Crucial Three", devenue "Shallow Madness" avec les arrivées du batteur Dave Picket et du pianiste Paul Simpson.
Rapidement la personnalité forte du chanteur agace ses camarades et Ian essuie son premier camouflet de jeunesse : Julian Cope lui demande poliment de chanter un peu plus loin avec quelqu'un d'autre si possible. "Battle" Ian forge ainsi son caractère et redouble ses recherches dans cette ville encore marquée de l'empreinte indélébile des scarabées légendaires. Un bon vent amène Mc Culloch à rencontrer coup sur coup Will Sergeant, guitariste au devenir radieux et Les Pattinson bassiste de son état. On répète, on apprend à se connaitre en échangeant paroles et musiques, le tout rythmé par une vulgaire "boite à rythme " qu'ils prénomment "Echo" comme il se doit. Un ami farfelu leur propose un nom de groupe à la hauteur de la décadence British du moment : Echo & the Bunnymen. Will Sergeant dira plus tard "I tought it was just as stupid as the rest" ( je pensais que tout cela était aussi stupide que tout le reste !!! ).












Quand ils se sentent prêts à affronter le public local, ils choisissent bien évidemment le célèbre "Eric club" en ouverture d'un concurrent direct que Ian connait parfaitement puisqu'il s'agit d'une de ses anciennes connaissances du "Shallow Madness" rebaptisées depuis son éviction "The Teardrop Explodes". Une provocation de plus ou le simple fait du hasard ? Nous sommes alors au mois de Novembre 1978. Un peu plus tard en Mars 79, le trio des hommes-lapins signent leur premier single "The Pictures on my Wall" et poursuivent leur quête du Graal à travers plusieurs concerts que l'assistance de l'époque qualifia de prometteurs. Le public commence alors à s'identifier au "il ne faut pas croire exagérément au bonheur" que dégage leur univers noir ascendant psychédélique. Il est grand temps pour eux de laisser une signature de cette période et le meilleur moyen d'y parvenir demeure la gravure sur sillon. Pour ce faire, on vire sans ménagement "Echo" la boite sans rythme et Pete De Freitas fait son apparition avec ses futs et charleston incorporés. Le quatrième homme apporte l'assise rythmique et la confiance nécessaire à la réalisation de leur premier album "Crocodiles" émergeant courant de l'été 1980. Cette épreuve passée, l'aventure se poursuit la tignasse au vent. De ce relatif succès, Echo & the Bunnymen tire l'énergie suffisante que demande toujours la confirmation du premier vol. Ils enchainent avec le superbe "Heaven up Here ( 1981 )" qu'il leur valut la reconnaissance immodérée des citoyens Anglais. Un gage de talent quand on connait l'exigence (et donc l'intolérance) de ce peuple goguenard et aussi fier que nous pouvons l'être nous-mêmes.










En France, Patrice Blanfrancard et Bernard Lenoir nous font découvrir ce groupe sur les ondes de France Inter et l'engouement que cela provoque hors des frontières Anglaises n'a réellement rien de surprenant tant ce groupe exprime au diapason les sentiments intimes des générations à venir. Le sombre est la sensation dominante mais subsiste en filigrane un espoir de voir l'humanité s'apaiser enfin de ses turpitudes dégénératives. Amen !!! L'horizon s'ouvre alors en grand écran et Echo & the Bunnymen ambitionne un avenir durable en haut de l'affiche.
L'album "Porcupine (1983)" arrive à point nommé dans le microcosme musical. Résultat immédiat : ça déchire grave !!!! Deux singles en sont tirés : "The back of love", "The cutter" que toutes les radios Anglaises diffusent en boucle. Partout en Europe, la voix au contour dramatique du chanteur et la brillance luxuriante des guitares de Sergeant attisent la curiosité à juste titre. Enfin un groupe dont la singulière personnalité brise le formatage insidieux du conventionnel. Toutes les compositions sont le fruit d'inspiration et création collectives, chacun assumant avec brio l'exigence et la rigueur que lui demande son instrument, mais on commence à distinguer plus nettement les effets du leader ship de Ian Mc Culloch. A l'instar du cinéaste Woody Allen, nos furieux de Liverpool conçoivent un album chaque année et le suivant ne déroge pas à la règle : "Océan Rain 1984" démultiplie le succès de cette formation qui a su conserver la tête froide. Le titre "Killing Moon" deviendra le plus emblématique des morceaux jamais composés par le quatuor Anglais. L'heure est au partage et l'année suivante sera consacrée exclusivement aux concerts, moments forts de leur carrière marqués, outre leur répertoire, par de nombreuses reprises adaptées de Televison, Rolling Stones, Talking Heads et autre Doors. Une façon élégante d'afficher ses préférences et de ne point oublier les sensibilités qui ont contribué à devenir ce que nous sommes.







Comme chacun sait, les tournées épuisent et les humeurs de certains deviennent détestables, une situation que chaque groupe peut revendiquer ou masquer selon les circonstances. Malgré un vent favorable et la sortie d'un nouveau single "Bring on the dancing Horses", suivi rapidement d'une compilation très,appréciée, "Songs to learn & Sing" les liens se désagrègent contraignant Pete De Freitas à quitter subitement le groupe. L'activité ne s'arrête pas pour si peu, Ian pousse du coude ses camarades en studio et s'adjoint les services de David Palmer ( Ex A B C ) aux drums afin de débuter les enregistrements de leur cinquième galette. Tout est dans la boite lorsque Pete décide que sa bouderie prenait fin. On se croirait volontiers dans un épisode de Dallas. Toute la nouvelle clique ainsi recomposée s'en retourne la fleur au fusil réenregistrer l'intégralité des nouveaux morceaux qui composent le très sobre "Echo & The Bunnymen - 1987 ". Bizarrement le ciel se dégage à nouveau devant la popularité grandissante des Hommes-lapins, celle ci franchissant l'océan qui les sépare de leurs congénères Américains. Un rêve qui sera vite consumé par le départ de l'homme orchestre et capitaine du navire. L'année 88 deviendra donc celle de la rupture et du désarroi des laissés pour compte que sont Will, Les et Pete. De son coté Ian le fougueux ignore et méprise, c'est une de ses grandes qualités. Il prend de vitesse ses anciens copains en sortant dès 1989 son premier opus solo "Candleland - 1989".
La vie nous réserve bien de mauvaises surprises et l'annonce du décès de Pete De Freitas au volant de son véhicule en est une preuve supplémentaire. Le staff de l'Echo & the Bunnymen moins un n'a plus le cœur à grand chose et "Reverberation - 1990" le confirme : tout de cette litanie respire le fade et le poussiéreux. Le groupe sera dissout en 1992 dans un état de léthargie avancée. Seul le chevalier Bayard, alias Ian Mc Culloch poursuit son chemin sans vergogne, il lui faudra tout de même trois ans pour mettre à profit son travail personnel. "Mysterio - 1992" en deviendra la thèse. Sa notoriété ainsi confirmée, Ian se débarrasse de ses armes et cuirasses : le pied vainqueur posé sur ses démons terrassés, il renait de son arrogance exacerbée et consent de bon coeur à renouer d'amitié et de complicité avec son ami et guitariste de génie Will Sergeant. Grand bien leur fasse. Les retrouvailles permettent aux deux compères de surfer à nouveau sur une vague créative et ambitieuse. On efface tout, on prend "Electrafiction" comme porte étendard, le studio pour "Burned - 1995" et la scène comme défouloir. Souffle alors une brise nostalgique et Echo & the bunnymen met fin à son hibernation longue de cinq ans. Une paille sur l'échelle de l'évolution humaine mais un grand pas dans l'acceptation des différentes sensibilités qui rendait la vie en groupe rédhibitoire. Les Pattinson, jusqu'à là resté sur la réserve, accepte de collaborer sur ce qui sera l'album de la renaissance des hommes-lapins. "Evergreen - 1997" met tout le monde d'accord. Le groupe revient sur le devant de la scène internationale et repart illico en tournée.







Nous retrouvons Echo & the Bunnymen en 1999 avec la parution du vénérable "What are you going to do with your life ? - 1999 ". Forts de leur confiance retrouvée, Ian et Will réalisent sur cet album une petite révolution dans le monde introverti du rock alternatif auquel ils appartiennent. Ils introduisent la balade folk et des textes d'obédience poétique. Une recette à tomber. Dommage pour eux que tout ceci soit passé un peu à la trappe. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Les Pattinson choisit de quitter le groupe afin de prendre soin de sa mère ( et de ses affaires de business man également ) mais les tournées ne s'arrêtent pas pour autant ni le travail en studio. "Flowers - 2001" sort des presses et passe comme le précédent un peu inaperçu. Quel gâchis !!! Une tournée d'envergure rattrape largement le coup. Ensuite l'équipe prend un repos amplement mérité. La solitude et l'oubli semblent maintenant apporter une sérénité et une quiétude à notre duo de Liverpool. Les voilà libres de choisir un rythme créatif du style "Jamaïcain" et cela leur va comme un gant. La vie personnelle reprend le dessus mais la musique ne quitte pas les esprits. Quatre années passent au rythme paisible des saisons . "Siberia - 2005 " sonne le tocsin puissance dix d'un des groupes majeurs de ces trentes derniers printemps. L'album respire à plein poumon l'idéal musical inaccessible au plus grand nombre. L'équilibre parfait entre la sagesse de l'âge et une énergie à revendre. Bien entendu, la tournée qui s'en suit enflamme les foules. Ian et son pote Will choisissent des musiciens jeunes mais expérimentés, Paul Fleming aux keyboards, Simon Finley aux drums et Pete Wilkinson à la basse. La fête se poursuit tard dans l'année 2006. Nouvelle pose rasta pour trois hivers, le temps nécessaire de boire aux fontaines innombrables de Liverpool et de concocter leur dernière oeuvre à ce jour : "The Fountain - 2009". Sitôt la galette sous presse, Echo & the Bunnymen retrouve l'ambiance enfumée des concerts, sillonnant inlassablement le globe à la recherche du temps perdu. Affaire à suivre sans délai.











Ne lâchons rien
John Philip

Commentaires

1. Le 17 mars 2010, 09:44 par VaL

je suis fan de ton style Monsieur JP.......

2. Le 17 août 2010, 06:05 par éssihonècriveyçenfote

......"SANS COUP FAIT RIRE".......
POUR LE COUP CA FAIT VRAIMENT RIRE !...

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