ANALYSE MUSICALE , INFLUENCE , ANCIENS MEMBRES
Par Elliot | 1 commentaires | Ajouter un commentaire
Plusieurs phases intéressantes pour cette formation anglaise que nous allons essayer de décortiquer patiemment au fil de cette chronique que je vous souhaite passionnante et instructive.
Le son et plus généralement la musique du "Bunnymen" band proviennent essentiellement des résidus d'une mode qui a marqué leur génération : j'ai nommé le punk. Celui-là même qui a détrôné non sans effusion de sons et de cris la mouvance rock, hard rock des seventies. Le vilain petit canard punk a permis aux jeunes musiciens de se forger une identité qu'ils exploitent parfaitement au début de leur carrière. Il vous suffit d'écouter attentivement les quatre premières pièces de leur œuvre. ( Crocodiles, Heaven up here, Porcupine, Ocean Rain ). On retrouve cette sonorité lourde portée par une basse envahissante ainsi qu'une batterie très dynamique. Il faut faire beaucoup de bruit et cela s'entend. Une manière comme une autre de démontrer que l'on existe, n'est-il pas ! En cela, peut être que le punk n'était pas seulement une musique strictement contestataire mais portait plusieurs casquettes dont celle d'une juvénilité exacerbée. Bien entendu Ian et ses compères apportent leurs pierres à cet immense édifice. Une voix profonde, langoureuse comme impersonnelle pour Ian, des sonorités cristallines pour les guitares de Will Sergeant qui sait également passer en acoustique au besoin, une section basse batterie globalement plus évoluée que celles de leurs congénères de l'époque. Tout ceci mis bout à bout rendant leur univers beaucoup plus accessible et agréable, en comparaison des Joy Division ou autre Pixies. Ce groupe porte dans ses projets une dimension chaleureuse, pleine de subtilités, qui pour beaucoup sont restées lettres mortes. Partir à la découverte d'une formation qui prône une ambiance sombre et ombrageuse peut paraitre suicidaire, mais en réalité, reste souvent assez surprenant.

Durant cette période post punk, Echo & The Bunnymen murit de manière significative notamment en terme d'écriture musicale et d'orchestration. On s'aperçoit rapidement de leur volonté d'être unique. Ils travaillent la qualité des enregistrements et approfondissent la technique de jeu sur chaque instrument. Nous retrouvons cette évolution dès l'album "Heaven Up Here" et c'est précisément cela qui va les faire sortir du bois. Sur les deux albums suivants, Ian et ses compères remettent le couvert en intégrant des sonorités indiennes sur certaines compositions. Voila qui vous en conviendrez est surprenant, surtout à cette époque. Ils poursuivront ce chemin jusqu'à l'épuisement du filon. Mission impossible pour eux de tourner autour du même schéma sur l'éternité. Ils sentent bien, être arrivés au bout de ce que la vague post punk peut leur apporter. Il faut savoir reconnaitre quand l'inspiration vient à manquer et le groupe de Liverpool a précisément cette maturité.
Cette année 1987 va voir éclore une nouvelle mouture de l'écho & the Bunnymen. La vague new-wave les fait chavirer brutalement dans un univers où la simplicité est la solution à tout, même si pour cela on finit par perdre un brin de sa personnalité. Qu'importe les moyens, seul le résultat compte. Et quel résultat ? Une soupe sonore sans réelle consistance où tout est épuré, lissé, et (déjà) formaté au soit disant goût de la population. Les lignes musicales de chaque instrument sont traitées avec dédain et frisent l'épuration harmonique. Une seule exception au tableau, la présence réconfortante et indispensable de notre major en chef aux guitares : Will Sergeant. Le seul qui n'ai pas vendu son âme au marasme musical ambiant. Il faut être né dans le chaudron pour faire une new-wave acceptable (Simple Minds ...) et visiblement ce n'est pas le cas. Heureusement ce ne fut qu'une petite période dans la vie du groupe et un seul album à planquer au plus vite.


Dix longues années se sont écoulées depuis la dernière création du groupe ( Sic ), les esprits ont évolués et la perception de la musique également. Echo & the Bunnymen a terminé sa période de dormance et nous surprend à nouveau avec l'album "Evergreen", qui est encore aujourd'hui considéré comme un des plus aboutis.
La raison en est simple : le désir.
Celui qui vous pousse à partager un bout de chemin ensemble et cela s'entend : des chœurs à profusion, accompagnant la voix du chanteur qui comme par enchantement embellie l'ambiance générale de sa rondeur et de sa régularité. Au besoin, on remplace ces voix par un synthé ( I'll fly tonight, Nothing Lasts Forever ) mais l'objectif demeure le même : venir en soutien à cette voix devenue plus fragile et sensuelle. Les partitions des guitares électriques et acoustiques fédèrent l'ensemble par leurs jeux subtils et un tantinet plus agressifs. Will Sergeant sort enfin de sa torpeur et arrose de son génie ce nouveau départ des hommes-lapins. En somme une pop rock qui a de la tenue et qui semble être la suite logique de leur parcours.
L' histoire musicale de ce groupe singulier repose maintenant sur deux constantes. En premier lieu, une identité sonore forte basée sur une voix somptueuse et un jeu de guitare inspiré et insolite, et en second lieu une faculté créative naturelle leur permettant de se lover sans heurts dans des univers musicaux plutôt éloignés de leurs origines. C'est ainsi que cette formation passe sans encombre d'une pop rock débridée au monde capiteux du glam rock tendance soul ( Flowers & What are you going to do with your life ) sans emphase et avec une précision incroyable. L'acoustique remplaçant plus souvent l'électrique, le coton à la place de la limaille de fer de leur jeunesse. L'alchimie ainsi conçue replace Echo & the Bunnymen sur un chemin éclectique qu'ils affectionnent particulièrement. Ian et Will posent les notes délicatement sur une partition où le silence prend une part prépondérante. Ce reflet de l'âge rend nos hommes-lapins encore plus attachants.


A partir de "Siberia", tout bascule à nouveau sur du lourd. On ressort l'arsenal rock par définition : Basse et batterie plus en avant, guitares aux aguets et une voix seule devant toute cette agitation mais conservant la limpidité acquise ces dernières années. La pop s'efface humblement devant un retour tonitruant d'une guitare électrique cinglante. La part des synthés augmentent sensiblement sans devenir une pollution que beaucoup de groupes actuels ne maitrisent plus. L'écho persiste et s'amplifie avec l'âge mais la sonorité reste la même. Les enregistrements s'effectuent toujours à la maison : un gage de sincérité supplémentaire. Bien sûr les mauvaises langues vous diront que ce groupe a définitivement perdu son identité, mais évoluer, est ce perdre pour autant la flamme ? Dans un monde en perpétuel chahut se figer sur un style musical serait encore plus mal perçu.
Voyez l'album "The Fountain", le dernier en date, comme une continuité plutôt que comme un aboutissement. Les sonorités respirent à pleins poumons l'énergie et l'envie de plaire. Les pulsations rythmiques s'accélèrent à l'instar du cours de nos vies. Echo & the Bunnymen désire plus que tout poursuivre le chemin d'une reconnaissance tant convoitée.
Pour le coup nous voici en présence d'un groupe qui a davantage été inspiré qu'il n'a inspiré lui même, d 'ailleurs était ce sa vocation première ? Aucun doute sur la réponse. Il fait parti du paysage musical anglais depuis suffisamment longtemps pour le rendre indispensable. Ils ont contribué à l'écriture de l'histoire contemporaine d'une pop rock en pleine mutation. Malgré une popularité relative sur la planète, Echo & the Bunnymen appartient irrémédiablement au monde des bosseurs de l'ombre sur lequel d'autres formations plus chanceuses et reconnues prennent appui en souriant niaisement pour la photo. Chapeaux Messieurs.

| Membres | Ian McCulloch
Will Sergeant |
|---|---|
| Anciens membres | Les Pattinson Pete de Freitas Jake Brockman Damon Reece Noël Burke |
| Label(s) | Zoo Warner Bros. London Cooking Vinyl |
|---|---|
| Site Web | www.bunnymen.com |
SEE YOU LATER
ELLIOT











Commentaires
Cher Elliot
Ne serait il pas judicieux de mettre un encart dans la rubrique genre "Coming Next" ?????
Quand on lit tes chroniques, on a envie de savoir le nom du prochain groupe qui passera entre les mains des Frères Duke.......