ANECDOTES BIOGRAPHIQUES
Par John-Philip | 1 commentaires | Ajouter un commentaire

Sparks prend vie sur la côte ouest des Etats Unis à l'orée des années 70. Fruit de l'imagination des frères MAEL ( Ronald Mael : né le 18/08/1948 à Culver City en Californie & Russel Mael : né le 05/10/1953 à Santa Monica en Californie ), Sparks distille ses mélopées musicales depuis cette date jusqu'à nos jours, soit prés de 40 ans de carrière !!!!!

Qui dit mieux dans l'univers mégalomane du rock n' roll ? Ce parcours exceptionnellement long n'a jamais été synonyme d'une quelconque lassitude à l'image des personnalités bien trempées des frères Mael. Ils débutent pourtant de manière assez conventionnelle sous le nom d'HALFNELSON, avec une formation classique pour l'époque ( Ron : claviers & composition, RUSSEL : vocals & backing vocals, Earle Mankey : guitars, John Mendelsohn : drums, Surly Ralph : bass guitar ). Toujours sous cet éponyme et produit par un certain Todd Rundgren sort le tout premier opus en 1971. Ils restent dans l'ombre des débutants, celle qui forge les esprits à la combativité.

Survient alors une surprise de taille : Halfnelson mue en Sparks ( étincelles en anglais ). Nouveau nom que beaucoup jugeront nettement plus adapté au foisonnement musical du groupe. Le premier LP vite réédité sous leur nouvelle trouvaille, Ron & Russell peaufinent leur style un tantinet décalé avec l'aide d'autres musiciens ( Jim Mankey : bass guitar & Harley Feinstein : drums).
Février 1973 nait l 'album « A Woofer In Tweeter's Clothing » prémices du génie musical grandissant de Ronald aux claviers et compositions. Étincelle de plus, les frères Mael décident, sans préavis, de quitter leur Californie natale pour venir s'installer au coeur de Londres capitale musicale toujours en ébullition. Travaillant d'arrache – pied, tout en recrutant leurs musiciens par le biais de petites annonces, les deux frères concoctent une perle : le fameux « Kimono My House » doté du single « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us ». Cet album fait l'effet d'une bombe en Angleterre car hormis le fait de la nouveauté, le style musical reste inclassable et déjà l'humour dadaîste des frères Mael produit son inéluctable effet. Le public américain reste néanmoins muet et ne partage pas le délire des fans anglais et germaniques. It 'a Pity.

Forts de cette réussite, nos deux joyeux lurons confirment leur bonne santé musicale en nous servant deux albums en l'espace d'une année (Propaganda nov 74 & Indiscreet oct 75). A l'instar de leur premier réel succès , ces deux réalisations apparaissent encore aujourd'hui comme issues d'un monde musical dont seuls les frères Mael ont la clé, avec semble t'il un corollaire a la fois festif et ludique, intimement lié à leur créativité. Les Sparks nous enchantent de leur musique au cordeau, délicieusement rieuse, aux antipodes d'une quelconque prise de tête, ils nous invitent à partager leur vision félinienne de la vie terrestre. Ils jouent de dérision, d'humour finement enrobé de moquerie et n'hésitent pas le cas échéant à se montrer féroce envers la bêtise humaine.


Beaucoup considéreront cette épopée anglaise de loin la plus créative et la plus intéressante du groupe ; voilà précisément un avis que ne partage pas les frères Duke... Mais poursuivons, nous sommes en 1976, Ron et Russell, fidèles à eux mêmes, décident subitement un coming back en Californie. A nouveau, le fait de repartir à zéro active leur imagination et va devenir une des caractéristiques artistiques principales du groupe ; les voilà connectés sur un nouveau projet qu'ils réalisent rapidement : Big Beat apparaît dans les bacs en octobre 1976 ; Une interminable tournée américaine s'ensuit, les Sparks désirent plaire à leurs concitoyens, jusqu'alors restés bien timides. Deux titres de cet album ( Big Boy et Filler Up ) figurent sur la bande originale du film TOBOGGAN. Les frères Mael reconnaitront plus tard cette première entrée en matière dans le monde du septième art comme artistiquement pauvre et sans intérêt particulier.

Qu'importe Sparks a déjà la tête ailleurs, leur notoriété restée intacte, Introducting Sparks sort des presses en octobre 1977. Avec un Best Of sorti quelque temps après, ce septième album achèvera la production musicale du groupe pour les années 70. S'entourant de la crème des musiciens de studio californiens, les frères Mael dessinent leur mutation musicale. A l'écoute de cet opus capiteux à souhait, une étrange sensation submerge les fans de la première heure, comme si Sparks avait achevé le premier de leurs livrets musicaux. A ce moment précis ceux qui connaissent bien SPARKS subodorent une surprise de plus sur le destin singulier de ce groupe hors norme.
Il nous faudra attendre mars 1979 pour recevoir en pleine face ce somptueux « Number One In Heaven » perle du disco rock qui tombe telle une pierre dans la mare. Effroyable, affligeant, l'indignation monte dans les rangs des fans de la première heure. Certains parlent même de les bannir du monde du rock n roll !!!!! Le succès de cet album n' est plus à démontrer, ce qui confortent Ron et Russell dans leur choix des plus audacieux. Peut on considérer le disco comme un art musical mineur loin de toute réflexion ? A travers ce choix, les frères Mael font tomber les frontières poussiéreuses de nos vieux principes concernant bonne ou mauvaise musique ; Ils ne cessent pas de nous parler en musique, le style change mais le message reste : partageons ensemble cet art délicat et bienfaiteur.
Ce nouveau tour de force opéré (avec l'aide non négligeable de Giorgio Moroder), les Sparks enfonce le clou avec le délicieux « Terminal Jive » sorti en octobre de la même année. Pied de nez intéressant au demeurant, ils sont clairement sur le terrain de la disco pop et infligent à la barbe des pros de ce style musical un second camouflet de taille planétaire. Toutes les radios du globe diffusent en boucle le tubesque « When I With You » , en France on découvre véritablement Sparks avec ce single ; Quoi qu'on en pense l'influence majeure de ces deux derniers albums reste indéniable sur beaucoup d'artistes New Wave, electro pop et plus généralement sur le style de musique populaire.


A la hussarde, ils déconcertent à nouveau avec un retour à un rock plus franc et serein sur deux albums excellents portés par une inspiration enjouée et des pochettes délibérément déjantées. Ainsi « Whomp that sucker » (cogne ce connard) sorti en mai 1981 et « Angst in My Pants » (Angoisse existentielle dans ma culotte) apparu en avril 1982 réconcilient pour un moment le groupe et les plus cartésiens de leur fan club. Embarqué dans cette aventure, le groupe Bates Motel composé de musiciens expérimentés (Leslie Bohem : bass guitars ; David Kendrick : drums ; Bob Haag : guitars & additional back roundvocals ; James Goodwin : synthetizers ; Mack : synthetizer Progarmming) goutte au succès ; Ensemble ils embrayent sur une série de concerts aux States, imprégnée d'une grande rigueur musicale mais également des pires pitreries de Ron écorchant l'image idyllique de la pop star sans vergogne.
A ce stade de leur carrière, tout laisse à penser que l'équilibre et la stabilité musicale sont devenues une constante qui leur faisait défaut jusque là. Que ceux d'entre vous qui pensent ceci interrompent sur le champ la lecture de ce récit !!!!! J'essaye simplement de vous épargner une fâcheuse déconvenue. Vous l'aurez compris depuis belle lurette nous avons à faire au groupe atypique par définition naviguant au grè de leur inspiration loufoque et parfois capricieuse.
La période dans laquelle le groupe s'engage maintenant (nous sommes en 1983) reste la plus discutable sur le plan artistique ; les voilà sur le chemin glissant de la néo dance, pâle copie d'une disco pop dont ils étaient passés maitres. Cette fois ci, délicat pour le chroniqueur de trouver les circonstances atténuantes d'usages sur les albums suivants : « Sparks in Outerspace ( juin 1983 ) » « Pulling Rrabbits Out Of A Hat ( 1984 ) » « Music That You Dance To ( 1986 ) ». Sans tomber lamentablement dans la plus fastidieuse des facilités ces trois compositions n'apportent rien qui puissent être crédités à l'actif du groupe, hormis peut être l'aisance impressionnante de Ron pour l'utilisation des synthés et autres samplers ainsi que des pochettes toujours aussi délirantes.
Est ce une flagellation que les Sparks s'infligent par manque d'inspiration ou simplement un nouveau délire qui a dérapé, voilà matière à réflexion. Anyway tout ceci fait partie intégrante de la vie du groupe et tout laisse à penser que toutes ces interrogations laissent Ron & Russell indifférents.

Ils changent néanmoins de cap (mais est ce vraiment une surprise) sur l'album suivant sorti en avril 1988 sous le nom commun d'« Interior Design ». Les morceaux de cet opus sont davantage travaillés tant sur le plan de la composition que sur celle de l'orchestration, à noter la présence de nos chers Rita Mitsouko sur deux titres. Interior Design clôture avantageusement l'exercice musical des années 80 et marque également l'entrée du groupe en hibernation forcée et légitime somme toute, déjà 16 ans d'existence et 15 albums dans l'escarpolette, ajouté à cela une présence accrue sur toutes les scènes mondiales ; toutes les conditions sont réunies pour inviter Sparks au repos et au ressourcement intérieur.
Ron & Russell s'offrent six années d'isolement médiatique et artistique, ils en profitent pour monter leur propre boite de production ainsi qu'un studio flambant neuf à la pointe de la technologie. Bref pas vraiment ce qu'on peut appeler des vacances !!!!!!! En novembre 1994 sort enfin « Gratiutous Sax And Senseless Violins », cet album marque un changement radical dans l'écriture musicale des Sparks, on les redécouvre plus ouverts, plus créatifs sans plus aucune contrainte de production. Bien sur certaines faiblesses connues resurgissent subrepticement, est ce vraiment étonnant ? N'oublions pas que nos deux compères se complaisent également dans la plus pure des provocations. Cet album a été un véritable succès en Allemagne, pays au combien pro Sparks ( 450 000 pour le seul single " When Do I Get To Sing My Way " ).
Véritablement relancés, les frères Mael se payent le luxe de reprendre les meilleurs titres de leur discographie en les réorchestrant différemment soit plus rock, plus dance ou de manière symphonique. L'album « Plagiarism » datant de septembre 1997, est le surprenant résultat de cette humble démarche. A noter la collaboration de Faith No More, Erasure ainsi que Jimmy Somerville sur cet album ; Tammy Glover intègre la formation en tant que batteur.

Plus sereins, les Sparks se réservent plus de temps entre chaque création. Ils prennent secrètement un malin plaisir à ressortir là ou personne ne les attend. Plutôt taquins, les frangins ! Le troisième millénaire sera pour eux l'occasion rêvée de prendre à contre pied la morosité générale de notre planète fatiguée. Balls ( 2000 ) met le feu aux neurones. Les mélodies (enfin retrouvées par enchantement) sur un beat dance arrosent votre jardin d'hiver et lui redonnent une nouvelle jeunesse. L'album passe néanmoins totalement inaperçu. Il mérite malgré les apparences beaucoup plus de considérations. Mais à cette époque, chacun scrute au loin le bug informatique tant annoncé qui ne viendra pas !!!! On oublie de s'amuser excepté bien entendu nos deux compères. Ils s'en sortent très bien tout seul et cette déconvenue ne les affecte en rien. Pour preuve la belle réaction avec ce pur joyau de " lil Beethoven " sorti en 2002. Un savant mélange entre des accords symphoniques, une guitare saveur métal et des textes en boucles caractérisent cette nouvelle création. Les Sparks enflamment l'Angleterre et multiplient les concerts à Londres notamment. Les américains feignent de s'intéresser au vilain petit canard décidément trop déroutant pour la sagesse populaire.
Cap sur l'ivresse quatre ans plus tard avec le somptueux " Hello Young Lovers ". Un copier coller de Lil Beethoven pour le concept, mais une orchestration et une tenue musicale de tout premier choix. Aux mêmes maux les mêmes punitions, les Sparks enchaînent les concerts chez nos voisins les british. Pour ce faire, Tammy Glover, Dean Menta et un bassiste ( le premier depuis quinze ans ) les accompagnent. Le succès et la reconnaissance sont au rendez-vous. Sparks renaît de ses cendres en quelque sorte et compte bien ne pas lâcher la bride. L'imagination leur colle à la peau paradoxalement, dans une période connue pour le tristesse créative qu'elle dégage. Le principe de base de nos amis est de justement d'en avoir aucun. La notion de liberté confie aux Sparks une assurance certaine et durable, en mesure d'émerveiller le plus rétif des cortex. Nouvel album en 2008 (Exotic Créatures Of The Deep 2008) et nouveau succès. Comme toujours, Ron peaufine ses concepts jusqu'à épuisement des combinaisons et contre toute attente corrige les défauts des précédents albums afin de servir une œuvre brillante et savoureuse. Sparks au grand complet ( formation de cinq musiciens ) marquent de leur empreinte Londres en assurant à la croche près pas moins de vingt et un concerts, reprenant chaque soir un album précédent différent et poursuivant sur le dernier né. Une prouesse à la hauteur de ce groupe discrètement mythique.
L'aventure se poursuit pour nos amis avec un vingt deuxième album consacré au célèbre cinéaste Ingmar Bergman, une comédie musicale que mon frangin Edgard analysera prochainement pour vous après une écoute studieuse, cela va de soi.
Vous pouvez vous procurer quasiment l'intégralité de l'œuvre des Sparks sur le célèbre site qui commence par la première lettre de l'alphabet. Les frères DUKE vous souhaitent bon vent et vous donnent rendez vous très vite pour une nouvelle chronique, dont nous gardons jalousement secret l'identité du groupe envisagé.
A vos casques, ami(e)s mélomanes avertis, place au festival d'étincelles.
Ne lâchons rien
JOHN-PHILIP











Commentaires
merciiiii je suis daccord a 100pr100, bonne continuation les amis :)